
L’association Alerte Phonegate a écrit le 24 avril 2026 à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pour lui demander un examen immédiat du HMD Barbie Phone (licence Mattel Europe), téléphone portable destiné aux enfants et adolescents français et européens. Son débit d’absorption spécifique (DAS) membres de 3,68 W/kg mesuré en décembre 2025 par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) au contact implique nécessairement un important dépassement du seuil tronc (2 W/kg) dans les conditions réelles d’usage.
Nous y rappelons à la ministre :
« Par ailleurs, dès 2020, suite aux recommandations de l’ANSES (2019), la France a soutenu auprès de la Commission européenne une évolution des normes visant à tester le DAS tronc au contact (0 mm), afin de mieux refléter l’usage réel des terminaux portés près du corps. »
Un DAS membres qui alerte sur le tronc
La mesure ANFR au contact direct (0 mm) du DAS membres atteint 3,68 W/kg, un niveau préoccupant pour un usage équivalent sur le torse. Le passage à la norme européenne tronc 0 mm, en cours de déploiement, rend cette question d’autant plus urgente.
D’ailleurs, il est pour le moins singulier que sur une série de 64 contrôles récemment publiés, l’ANFR ait systématiquement écarté les mesures tête et tronc pour ne retenir que le DAS membres. Ce choix méthodologique, qui évite opportunément les seuils les plus contraignants, s’apparente à une stratégie d’évitement au profit exclusif des industriels.
De plus, en l’absence de fourniture des clés de désactivation logicielle par les constructeurs lors des tests (y compris pour le Barbie Phone), l’agence semble avoir renoncé à son rôle de garde-fou sanitaire pour devenir une simple chambre d’enregistrement au service des fabricants.
Les enfants, oubliés des tests DAS
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) le souligne depuis 2016 : les enfants absorbent plus de radiofréquences, leurs tissus étant plus fins et leur croissance plus rapide. Pour autant les tests sont réalisés depuis l’origine sur un mannequin calqué sur la dimension d’un militaire américain de sexe masculin (GI).
Plus préoccupant encore, chez les jeunes filles, le port du Barbie Phone dans le soutien-gorge expose directement les seins en développement à 3,68 W/kg au contact – soit 84% au-dessus du seuil tronc à ne pas dépasser (2 W/kg).
De plus, le fabricant HMD ne mentionne même pas les valeurs DAS du Barbie Phone sur son site, ni dans ses vidéos promotionnelles – une infraction claire à l’obligation d’information en France.
Quatre actions demandées aux autorités
Alerte Phonegate presse le ministère de la Santé :
- Examiner sans délai la conformité réelle du Barbie Phone
- Saisir la DGCCRF pour manquement à l’affichage DAS
- Ordonner à l’ANFR la publication des DAS tronc 0 mm pour tous les contrôles 2025
- Envisager un retrait préventif si risque confirmé au niveau du tronc
« Un téléphone à 3,68 W/kg au contact, rangé dans le soutien-gorge ou les poches des adolescentes, vendu sous licence Mattel Europe dans toute l’Europe sans DAS tronc publié ni affichage clair en France, est inacceptable pour la santé publique. Mattel aura certainement à cœur de protéger la santé des enfants attachés à l’image Barbie. De son côté, l’État doit agir au plus vite », commente le Dr Marc Arazi, président d’Alerte Phonegate.
